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Bob Masterson, Président et directeur général de l'ACIC


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Depuis le résultat étonnant de l’élection américaine, on m’a demandé à quelques reprises : « Quelles répercussions pensez-vous que la présidence de Trump va avoir sur l’industrie canadienne de la chimie et l’économie canadienne dans son ensemble ? »

Bien entendu, la réponse la plus facile est qu’il est trop tôt pour le dire.  Et pourtant, nous pouvons dire avec certitude que « les affaires courantes » auxquelles nous sommes habitués ne seront probablement pas les mêmes.

L’approche ‘pas d’excuses’, ‘l’Amérique d’abord’ de Trump qui a été le point marquant de sa campagne et de la transition laisse croire que la lente croissance économique de la majeure partie de la dernière décennie pourrait céder la place à une expansion renouvelée et plus solide dans les secteurs manufacturiers.

Qu’est-ce que ça signifie pour l’industrie canadienne de la chimie ?  Les activités de la chimie continuent à croître plus rapidement que le PIB général.  Et, comme plus de 60 pour cent des exportations chimiques canadiennes sont destinées aux États-Unis, nous avons de bonnes raisons de nous attendre à des perspectives plus optimistes au cours des mois et des années à venir.

Cependant, il y a aussi des risques potentiellement graves.

Le premier domaine de préoccupation majeur est l’accès au marché – l’accès des États-Unis non seulement aux produits de la chimie canadienne, mais aux produits primaires, intermédiaires et finis fabriqués au Canada.  Les fabricants canadiens achètent plus de la moitié de tous les produits chimiques fabriqués au pays : du secteur de l’automobile aux industries du textile et des produits forestiers, en passant par le secteur énergétique, qui est non seulement un important consommateur de nos produits, mais une source de charges d’alimentation majeure.  L’effet domino de toute perturbation empêchant les produits et les ressources énergétiques du Canada d’atteindre les marchés américains est une menace pour le bien-être de notre industrie.  Que ce soit par l’intermédiaire d’une renégociation des accords commerciaux, des tarifs ou d’une stratégie ‘Buy American’.

Le deuxième risque majeur serait l’ajustement aux régimes d’imposition et de réglementation des États-Unis – des changements qui pourraient faire des États-Unis une destination encore plus attrayante que le Canada pour les investissements.  Des changements dans ces domaines pourraient affaiblir ou éliminer le principal avantage dont profite le Canada depuis de nombreuses années : des taux d’imposition des sociétés concurrentiels (avant les exemptions et les ajustements aux États-Unis) qui sont actuellement bien inférieurs à ceux des États-Unis et d’autres pays de l’OCDE.

Le troisième risque s’impose de lui-même.  À l’exception des taux d’imposition des sociétés, la compétitivité du Canada se détériore alors que les gouvernements – à tous les paliers et de toutes les allégeances – imposent une foule de nouvelles règles qui créent des coûts additionnels pour les entreprises.  Parallèlement, les gouvernements et la société sont pratiquement paralysés quant aux décisions sur les politiques et les projets majeurs.  Si cette tendance se poursuit alors que les États-Unis vont dans la direction opposée, les conséquences se feront durement sentir.

Si les gouvernements du Canada ne veulent pas affronter la concurrence et prendre des mesures pour améliorer le climat d’investissement, les risques de la présidence de Trump excéderont de loin les possibilités pour l’industrie canadienne de la chimie.

Les Canadiens et leurs gouvernements ont déjà montré qu’ils peuvent être pragmatiques et changer de cap.  Espérons que nous sommes toujours capables de le faire en 2017. 


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